… enfin, plus trop en cette saison : à la maraude, en « bici »  ce sont surtout des grenades que je ramasse. Et je ne parle ni des kakis (ma raison de vivre en novembre) ni des « chirimoyas » à des prix défiant toute concurrence au marché.
Dimanche : rando avec le groupe de « sentiéristes » locaux (à ne pas confondre avec des « rangs d’honneur », un concept évocateur de défilés militaires) : paysages magnifiques (petite montagne aux flancs semés de pins, de thym et de romarin, et nimbée de brume matinale qui, en se dissipant, laisse admirer les méandres du Segura dans la vallée duquel poussent les… pêches, vous suivez ?) Une fois réalisée l’ascension de l’Almorchon par la face sud-est à travers la caillasse le long d’un vague chemin pas vraiment signalisé le « guide » heureux d'être arrivé sans avoir perdu personne sort son paquet de clopes, imité par quelques fidèles, tandis que les autres attaquent au gros rouge qui tache. Autant dire que la descente à travers pierres a été joyeuse — façon toboggan. J’aime les gens simples qui ne se prennent pas au sérieux (celui qui me suivait arborait sur son bidon rebondi un t-shirt « ceci n’est pas une bedaine mais un t-shirt en relief »)
Aujourd’hui à la pistoche une conversation sur tout et rien s’est engagée au sauna… eh oui incroyable : les gens se parlent ! même (surtout?) quand ils ne se connaissent pas. Peut-être est-ce d’ailleurs pour cela que les Ciezanais me regardent avec insistance : parce qu’ils se rappellent tous s’être déjà déjà vus alors que moi… (ou alors c’est que je continue d’être la « güera » du « pueblo » et que du coup, on me prend pour une immigrée bulgare… ou c’est ma garde-robe qui déroute… ou faudrait que je ressorte mon peigne de la valise… allez savoir !) Et la cerise sur le gâteau : au collège je me trouve face à des élèves qui — alleluia ! — parlent français ! Si !! Enfin, certains causent dans la langue de Molière, d’autres essayent, d’autres encore, pas vraiment. Il y en a aussi qui chahutent ou regardent les mouches voler mais… me voilà (enfin!) parmi des gamins « normaux » (comme ceux que j’ai connus quand j’avais leur âge, quoi.)
Last but not least : le portier caractériel qui me demandait « comment s’est réveillée sa Grâce ce matin? » quand je sortais au radar à 5h40 les (maudits) jour de taf l’an dernier (et insultait dans sa barbe les hommes qui franchissaient mon seuil avec d’autant plus de virulence qu’ils lui semblaient beaux) a été remplacé par la sympathique propriétaire de mon appart qui aime mieux papoter avec ses copines les petites vieilles du quartier que de surveiller mes allées et venues et me nourrit de fruits et légumes de sa « huerta ».
En résumé : jusqu’ici tout va bien.